Le boson de Higgs

Poetry

L’amour est comme le boson de Higgs.
Beaucoup croient à son existence.
Certains prétendent même 
l’avoir vu ou mesuré.
On peut penser qu’une partie d’entre eux mentent.
Ou voient dieusaitquoi.

L’amour est comme le boson de Higgs.
Il devrait donner aux particules élémentaires de notre vie
une masse. Une masse ou au moins un sens.
Mais nous n’arrivons pas à le trouver,
de façon précise et certaine, devant nous et devant Dieu,
à le montrer du doigt : regarde, il est là,
le boson de Higgs, ici et maintenant se trouve
l’amour unique, éternel et véritable.

C’est un peu comme avec Dieu, c’est un peu
comme avec la vie elle-même : il faut y croire,
alors elle se maintient, elle a une masse et un sens.
Si l’on n’y croit pas, tout se désagrège et disparaît,
retourne à l’état initial comme un château de sable bâti par des enfants.

Le boson de Higgs et l’amour sont un peu semblables,
il y a toujours des gens qui n’y croient pas, 
il y a toujours la possibilité qu’on ne les trouve pas, qu’on ne les mesure pas,
ce qui ne les empêche pas d’exister, si leur existence
nous est très nécessaire.

Traduit de l’estonien par Antoine Chalvin


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